09 mars 2010
ALERTEZ LES BEBES !
La liquidation judiciaire de la crèche Riv'Mômes est très préoccupante, pour les 82 salarié-e-s, pour les quelques 350 familles utilisatrices. Le Préfet vient de fermer purement et simplement cette structure, pour défaut de service. A juste titre les salariés ne peuvent plus travailler sans être payées et nombre d'entre elles sont dans des situations insupportables.
Hélas, cette faillite révèle d'autres manquements dans l'organisation de la vie collective de notre cité. La problématique de l'accueil de la petite enfance à Rive de Gier est en plein questionnement.
Avant de faire des propositions sur le sujet, il convient d'en mesurer les enjeux et la nature des difficultés que rencontrent ce dossier.
Quelles sont les attentes de nos concitoyens en matière d'accueil de leurs jeunes enfants ? Quelle est la situation ?
Selon l'INSEE, en 2006 -dernier chiffre connu- il n'y avait que seulement 28,4%des actifs ripageriens qui travaillaient dans leur commune (1). Ce résultat qui s'explique par la désindustrialisation et la perte de 35% des emplois à Rive de Gier en 30 ans, a des conséquences évidentes pour la garde des enfants. Travailler à l'extérieur de la commune nécessite d'organiser la vie familiale quotidienne en dehors du soutien ponctuel de ses proches (grands parents, amis..).
La remise en cause par le gouvernement de la possibilité de scolariser son enfant dès l'âge de deux ans à l'école maternelle, oblige d'autant plus les parents à se tourner vers des structures privées (associatives ou à buts lucratifs).
Observons par ailleurs que le taux de chômage des ripagériennes est très élevé: 19,5% avec une accentuation chez les jeunes ripagériennes (15 à 24 ans) qui sont à 33,5% au chômage (2). N'y a-t-il pas dans ce taux de chômage féminin si élevé, l'indice d'un besoin de garde d'enfants non satisfait ?
En tout cas, il est grand temps de travailler à analyser sérieusement les besoins sociaux dans notre commune. C'est une obligation réglementaire annuelle qui n'est pas mise en œuvre. Nous l'avions déploré dès l'installation du Conseil municipal en avril 2008. Il semble qu'en 2010 une telle étude puisse enfin démarrer par le truchement du financement obtenu dans le cadre du label « bien vieillir » qui concerne les personnes âgées.. En élargissant le champ de l'étude à l'ensemble des besoins sociaux, le Conseil d'Administration du CCAS (3), a décidé de réaliser l'enquête que nous demandons depuis deux ans. Nous considérons qu'il convient d'être très attentif à la situation des femmes dans notre ville.
Ces quelques éléments factuels montrent à l'évidence l'importance accrue de l'accueil de la petite enfance à Rive de Gier.
Or ce secteur est en pleine tourmente avec la situation dramatique de l'association Riv'Mômes.
Née en 1989, celle-ci a cru brusquement depuis 2007, année ou elle ne comptait alors en emplois que 9 Equivalents Temps Pleins pour en compter maintenant 49, représentant 82 salarié-e-s. Les projets d'extension de cette structure ont reçus l'aval des pouvoirs publics comme celui de la municipalité. Il est étrange que celle-ci, siégeant au Conseil d'Administration de l'association, n'ait pas vu les risques pris par la conduite d'un développement aussi brusque et aussi peu encadré techniquement. Il faut savoir que le développement de multiples services nouveaux (jardin d'enfants, crèches familiales, antennes délocalisées..) a engendré une gestion plus complexe, sans que ne soit renforcée les capacités de direction. Riv'Mômes a pris ainsi une place considérable dans la réponse à apporter aux besoins des habitants, avec le soutien constant du conseil général dont est Vice Président M. JC Charvin.
Il existe deux autres crèches à Rive de Gier et un nombre important d'assistantes maternelles agrées (des « nounous »), qui peuvent bénéficier de l'appui pédagogique et logistique du relais intercommunal. (SIPG).
La crèche des « Loupiots » au Grand Pont accueille 25 places. Lors du Conseil Municipal de janvier 2010, le maire a fait adopter une décision la concernant. Puisqu'il est prévu un nouveau lotissement de quelques 150 villas à proximité, le nombre de places devrait être augmentés. Pour financer les travaux d'extension, le maire a fait adopter une disposition pour que le promoteur immobilier en charge du lotissement à créer, prenne à sa charge une partie de leur coût. C'est dorénavant possible depuis la loi Boutin sur le logement adoptée en mars 2009. Pratiquant l'asphyxie budgétaire des collectivités locales, l'Etat UMP leur fournit une piste de sortie: la privatisation partielle ou totale des services publics locaux. Une deuxième piste suivie par le gouvernement est l'augmentation du nombre d'enfants que peuvent être autorisées à garder les assistantes maternelles. Les professionnels du secteur se mobilisent d'ailleurs contre cette déréglementation, qui au détriment de la qualité résoudrait le problème de la quantité..
L'autre crèche dépend de l'association « Sos Maintien à Domicile », spécialisée dans l'accompagnement des personnes âgées et qui a ouvert le « pôle intergénérationnel » dans l'ancien immeuble de la caisse d'épargne. La capacité est de 25 places, dont 20 sont occuppées, l'association ayant développé un accueil des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et réservé le dernier étage de l'immeuble à des sociétés privées de conseil et formation (4).
Besoins importants, pas assez précisément connus, capacités d'accueils divers et mal assurées, crise aiguë de la principale structure, voilà le constat. Qui appelle des propositions.
Nous portons la proposition de la construction d'un service public national de la petite enfance. Celui-ci devrait réaffirmer le droit à la scolarisation des enfants dès l'âge de leurs deux ans et abaisser l'âge de la scolarité obligatoire à 3 ans (au lieu de 6 actuellement). Avec l'école maternelle, les crèches et assistantes maternelles agréées constituent ce service public diversifié mais oeuvrant dans le même sens. Relevant de l'intérêt général, ce service public nouveau doit bénéficier de fonds publics et de l'apport des familles, en fonction de leurs propres revenus (hors école gratuite bien sur).
Accueillir les jeunes enfants dans des structures adaptées à leurs apprentissages nécessite de rétablir un lien de confiance entre familles, pouvoirs publics et crèches.
Il est nécessaire d'obtenir des garanties de transparence de la gestion, de respect de l'utilisation des deniers publics et des ressources des familles, d'association des parents à la vie des associations. La CAF qui favorise plutôt des structures associatives que des structures municipales devrait s'assurer que l'association support se développe dans le respect de ses propres statuts. La CAF pourrait aussi proposer un cahier des charges favorisant la participation citoyenne des adhérents de l'association, etc etc.. De plus une certification des comptes de l'association par un commissaire aux comptes devrait être obligatoire pour recevoir des fonds de la CAF.
A Rive de Gier, il est temps de travailler à bâtir une véritable vision prospective dans ce domaine : un audit particulier à la petite enfance devrait être commandité par la municipalité. C'est une proposition que la Gauche Citoyenne et Ecologiste à formulé lors du conseil municipal du 28 janvier 2010. Elle est toujours d'actualité.
Faire face à l'urgence de la crise « Riv'Mômes » :
- Obtenons de l'Inspection d'Académie une exception ripagérienne pour la scolarisation des enfants de deux ans dont les familles en font la demande, cela peut soulager en partie l'urgence de la situation actuelle.
- Immédiatement en ce qui concerne Riv'Mômes, nous proposons que la ville de Rive de Gier s'engage à soutenir les parents souhaitant solliciter la justice en ce qui concerne les cautions (près de 500€) qui ont été englouties dans le déficit de fonctionnement.
- Déclarons l'importance pour Rive de Gier de la pérennité de l'accueil des jeunes enfants, de l'engagement de la municipalité dans ce dossier - l'audit en serait un signe manifeste.
- Les acteurs institutionnels doivent exprimer l'exigence auprès de l'administrateur judiciaire du versement des salaires dus : ce n'est pas aux salariés de payer l'incurie de leur direction et le manque de vigilance des pouvoirs publics !
- Obtenir du Conseil Général et de la CAF l'investissement nécessaire à la prise en charge en urgence de la poursuite de l'activité de Riv'Mômes, soit sous la forme d'une municipalisation soit via un repreneur associatif..
1) Ils sont 39,5% d'habitants de Firminy, et 45,6% de Saint-Chamond a travailler dans leur ville.
2) contre 14,1% pour les hommes, et 21,5% chez les jeunes femmes du département.
3) Conseil d'Administration du Centre Communal d'Action Sociale, dans lequel siège pour l'opposition Vincent BONY.
4) Voir l'édition du progrès du lundi 8 mars 2010
Vincent BONY,
Conseiller municipal
de Rive de Gier18:16 Publié dans Conseil Municipal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique




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