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  • SERGE..

    Le téléphone qui sonne à 8 h le matin d’un 11 août n’apporte pas de bonne nouvelle.

    Celle-ci est terrible, sidérante.

    Serge Tarassioux est décédé subitement. L’ami qui m’appelle a la gorge aussi serrée que mes yeux rougissent : le réflexe du refus cède à la réalité. Le chagrin devient l’horizon de tous mes gestes..

    C’est si brutal, si cruel.

    Soudain dans la nuit un infarctus nous a enlevé notre ami si chaleureux.

    Serge avait 41 ans. Serge c’était l’amour de la vie, le goût des belles choses. Une faculté à voir le positif dans chaque situation et à s’appuyer dessus pour rendre la vie plus belle. Et à défaut à manier l’humour qui lui était comme une seconde respiration.

    De toute notre génération, il est l’un des rares à dégager un tel charisme.

    Militant des jeunesses communistes, il devient à l’Université au début des années 1990, un responsable dynamique de l’Union des Etudiants Communistes de Lyon. Mais ses capacités politiques, sa finesse d’analyse l’appellent à Paris, à la direction nationale du mouvement des Jeunes Communistes.

    Revenu à Pierre Bénite, il prend des responsabilités au conseil municipal comme adjoint à la jeunesse, puis il en devient le maire le 21 juin 2009, à 39 ans.

    En deux ans son action municipale est une formidable promesse de réhabilitation de l’action publique. Serge a à coeur de toujours mettre du sens à sa gestion. Il s’oppose aux expulsions locatives et va défendre en Justice cette politique que le Préfet Sarkozyste cherche alors à faire condamner. Il organise avec les industriels, les responsables syndicaux et associatifs des Etats Généraux du risque industriel pour poursuivre, dans cette vallée de la chimie, le développement de l’activité économique et de l’emploi, si malmenés.

    Serge T 6 07 2010.jpg


    Il ne concevait pas son mandat comme une carrière. Il voulait que l’action municipale permette aux citoyens de sa commune de prendre confiance dans leur capacité à transformer la société. Son communisme était celui de la pensée et de l’action qui rassemble ; un communisme en mouvement, attentif à toute forme d’expression de l’humanisme. Militant éclairé du PCF il en était l’avenir. Son implication au sein du Front de Gauche symbolisait sa conception de l’action politique. Après le très bon résultat qu’il avait construit aux élections cantonales, il venait d’être désigné comme candidat du Front de Gauche pour les législatives de 2012.

     

    Serge m’était particulièrement cher pour la qualité humaine qu’il mettait en toutes choses et notamment en politique.

    Régulièrement nous discutions au téléphone, ou à l’occasion d’une soirée entre copains. Il était attaché à suivre ce que nous entreprenons dans la Loire. Il suivait avec attention notre combat à Rive de Gier pour retrouver ici le même sens du progrès humain. D'ailleurs nos villes participent ensemble à un syndicat intercommunal pour l’informatique.. Pour moi il était comme un exemple, un repère. Je sollicitais son conseil que je savais d’avance utile à ma réflexion.

    Nous avions passé quelques jours de l’été 2009 ensemble dans notre région, à emmener nos fils en promenade, à nous émerveiller de leurs progrès, à parler de leurs peurs, à discuter de politique, de nos chemins. Il voulait prendre sa retraite dans le sud et ne jamais devenir la statue du commandeur surplombant toute nouvelle génération. Le sud l’a pris bien trop tôt sur son lieu de vacances.

    Je pense à Carine sa compagne, à Valentin, son fils et Julie sa maman, à Sacha son frère, à ses parents.

    Je pense à tous nos amis communs, de l’unef et de l’uec. Nous aussi nous perdons un frère.

    Vincent BONY

    Conseiller Municipal de Rive de Gier