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MA FETE DE L'HUMA..

Dimanche 15h30. C’est une mauvaise photo d’un homme à la peau noire, portant des lunettes qui m’est donné comme autocollant. Dessus il est écrit « Sauvons Troy Davis ». Je ne connais pas cet homme, je l’avoue. Mais je colle illico ce badge sur mon k-way, à coté de celui qui orne déjà mon vêtement de pluie et où il est écrit « PCF-Front de Gauche ». Nous sommes à deux pas de la grande scène de la fête de l’Humanité et je retrouve mes camarades du Conseil National du parti communiste, quelques instants avant le meeting de clôture. Par ce geste il s’agit de tout faire pour arrêter le bras meurtrier de la justice américaine. Aujourd’hui, hélas, nous savons que nous n’y sommes pas parvenus, qu’un homme a été tué, un de plus, un de trop, par les autorités de la plus « grande démocratie du monde ». Mais au moment où la main amie me tend l’image, j’ai ressenti cette émotion qui n’est donné de vivre qu’à la « fête ». Ce sentiment de fraternité, de confiance dans l’action collective. Pas besoin de connaitre qui est Troy Davis pour adopter la cause de sa défense. La solidarité ne se mégote pas, elle est comme le ciment invisible de la plus grande fête populaire de France.

La fête de l’Humanité est d’une telle actualité !

Avant que n’interviennent Patrcick Le Hyaric, directeur du journal, Jean Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle du Front de Gauche et Pierre Laurent secrétaire national du PCF, le micro est ouvert à d’autres acteurs. Julien Lauprêtre, président du secours Populaire vient dénoncer la réduction de 75% du programme européen d’aide alimentaire aux démunis. Les salariés de Fralib et de Still expliquent le combat qu’ils mènent contre les licenciements boursiers. Un jeune révolutionnaire tunisien vient expliquer que le peuple tunisien vient  juste de prendre « sa part au combat universel de l’émancipation humaine ». Et la parole est donnée à Jafar Hdaïb, représentant de la Palestine qui clame la légitime exigence de la reconnaissance internationale de l’état de Palestine. Le député communiste israélien Dov Khenin lui succède pour lancer un court et percutant « Welcome Palestine » que personne ne prend soin de traduire.. Les deux hommes se serrent chaleureusement dans les bras, enserrés par les applaudissement des quelques dizaines de milliers de personnes qui acclament ce chemin de dialogue et de paix. Telle est la fête de l’Humanité !

Avant que Pierre Laurent ne soit accaparé par les médias, j’ai le temps de le remercier pour les paroles simples et chaleureuses qu’il a su trouver, deux jours plus tôt au stand du Rhône ou nous nous retrouvions autour de la belle photo de Serge Tarassioux, pour faire ce que Serge aurait aimer faire avec ses amis et camarades : échanger, réfléchir, sourire, boire des coups et refaire le monde. Notre ami disparu si brutalement il y a un mois laisse un tel vide.. L’amitié l’a emporté sur la tristesse dans cette soirée particulière et finalement la bande de copains d’il y a déjà vingt ans s’est retrouvée sur le stand de la Loire ou je n’étais pas peu fier de leur faire goûter la râpée forezienne, me laissant en retour gentiment chambrer par les lyonnais.. bon, rendez-vous est même pris à Geoffroy Guichard pour le prochain derby !

Pendant trois jours les visiteurs de la fête de l’Huma peuvent pour 20 € assister à de multiples concerts, rencontrer des centaines d’auteurs, découvrir des pièces de théâtre, s’informer de la situation des peuples à travers le monde, goûter à toutes les spécialités, voir une expo peinture, multiplier les débats innombrables, par exemple celui opposant un secrétaire national de l’UMP au député communiste André Chassaigne sur le thème de la pénibilité du travail..  Accueillir près de 500 000 personnes nécessite un investissement militant. C’est aussi la richesse, le sel de ce rassemblement : cela lui confère une extraordinaire ambiance de convivialité. En attendant, il faut « bosser ». Les jeunes communistes de la Loire ont donné un sacré coup de main à l’équipe que j’anime, une équipe composée pour l’essentiel de copains de Rive de Gier. Une belle amitié s’est installée au fil des années.

Deux temps forts ont rythmés notre stand : le samedi matin la réception en l’honneur des 5 syndicalistes CGT de Roanne menacés d’un an de prison avec sursis pour avoir tagué des slogans contre la réforme des retraites l’an dernier : le réquisitoire du procureur (dépendant du ministère de la justice) est une véritable intimidation à l’encontre des militants syndicaux. Le juge qui rendra son verdict bientôt le suivra-t-il ? Nous ne laisserons pas faire !

Autre moment fort, le dimanche ou un débat s’est déroulé avec la présence du philosophe Yvon Quiniou sur le thème « quelle définition moderne du communisme ? ». L’intellectuel s’est mis à la portée de tous pour dire deux choses essentielles. 1/ le communisme n’est pas mort puisqu’il n’a jamais nulle part été mis en œuvre. Sa critique du stalinisme confiscant, détournant, défigurant l’élan révolutionnaire incarné par Lénine est sans appel. Mais note-t-il, la disparition du « bloc de l’est » à libéré de toute retenue le capitalisme qui envahit toute sphère de l’activité humaine et détruit toutes les concessions que le mouvement ouvrier avait pu arracher dans le monde occidental du 20 eme siècle. 2/ A la lumière de ce 21 eme siècle, plus encore de l’actualité de la crise du capitalisme, l’égoïsme de ce système appelle à son dépassement ; à combattre l’exploitation économique, l’aliénation des capacités humaines, l’écrasante inégalité sociale auxquelles conduisent la suprématie de la recherche du profit maximum sur toute autre considération. Y Quiniou y oppose l’appropriation sociale des moyens de production, la satisfaction première des besoins des êtres humains, nécessitant un nouvel ordre politique, réalisant l’égalité dans toutes les sphères de la société. « Et, ajouta-t-il, il faut battre Sarkozy en 2012, en faire gagner la gauche avec le Front de Gauche !»

Ce week end pas comme les autres m’a mis je l’avoue en grande forme pour cette année pleine d’enjeux passionnants. J’entends bien vous faire partager cette énergie nouvelle au cours des mois à venir !

Vincent BONY

Conseiller municipal

de Rive de Gier

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