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  • L'ECOLE AU COEUR..

    Le premier conseil d’école de l’année vient de se tenir cette semaine à Saint Exupéry.

    J’y suis élu avec dix autres « mamans » comme représentant des parents d’élèves. Seul « papa » au milieu de cette liste ou nous sommes quelques un-e-s à être membres de la FCPE, le « syndicat des parents d’élèves », je reste assez étonné de cette absence masculine déjà remarquée à l’école maternelle, tant à Chipier qu’à Jean Moulin ou mon garçon était précédemment scolarisé.

    Mais ce qui m’a frappé lors de la réunion de ce conseil d’école, c’est la récurrence des constats de manque de moyens que subit l’école.

    Si avec 223 élèves inscrits pour dix classes, (227 l’an passé) nous échappons à la surcharge d’effectifs, en revanche les moyens de fonctionnement et d’encadrement sont tous à la baisse. L’adjointe aux affaires scolaires a découvert lors de cette réunion que l’opération « changement de stores » des fenêtres des classes était en pleine panade. L’entreprise choisie par la majorité municipale s’est emmêlé les pinceaux et n’a pas mis la bonne qualité de stores dans deux écoles: celles du Grand Pont. Une enseignante indique qu’à l’été la température monte à 36-37° dans sa salle, bien exposée au soleil. « Au moins avec le système précèdent, on pouvait ouvrir les fenêtres en gardant les rideaux tirés ! » s’exclame-t-on autour de la table. L’adjointe promet que..

    Le budget municipal n’est pas à la hauteur pour emmener les enfants de notre quartier excentré bénéficier des équipements sportifs et culturels de la commune, situés en centre-ville. Résultat, les plus grands découvriront la pétanque en extérieur cet hiver au stade du Grand Pont, accessible à pied depuis l’école. Aucune ligne budgétaire n’est non plus prévue pour alimenter la bibliothèque de l’école. Les travaux d’entretien et de réhabilitation se font au compte-goutte. Ils ont été réduits de 15% entre 2011 et 2010 indiquait cet été la municipalité elle-même.

    Les grèves récentes ont montré les dysfonctionnements municipaux quant à la mise en place du décrié « service minimum ». Les petits de la maternelle Jean Moulin ont été accueillis dans l’école primaire Saint Exupéry qui ne dispose pas de salle de repos. Les animatrices du périscolaire m’en avaient alerté, choquées de n’avoir pas pu recevoir correctement ce public infantile, ayant du allonger les enfants pour la sieste sur des vêtements jetés à même le sol. Là aussi, l’adjointe promet que..  Mais la majorité municipale continuera à mettre en œuvre cette loi sarkozyste adoptée en 2008 contrairement à de nombreuses communes respectueuses du droit de grève.

     

    Avant qu’elle ne s’en aille, j’ai le temps de rappeler à l’adjointe la promesse faite l’an dernier d’une réunion de travail avec les parents d’élèves des différentes écoles de la ville, concernant l’amélioration de la tranquillité et de la circulation automobile autour des écoles.. 

    Lors de ce premier Conseil d’école, les conséquences des restrictions budgétaires de l’Etat ont aussi été dénoncées.

    Le Réseau d’Aide Spécialisé aux Elèves en Difficulté (RASED) est victime des suppressions d’emplois. En deux ans seulement sur la circonscription scolaire de Rive de Gier qui comprend 35 écoles, le nombre de professionnels du RASED est passé de 7 à 3. Leurs missions se répartissent en trois missions, correspondant à trois cadres d’emplois spécifiques : soit un accompagnement psychologique, soit une aide de rééducation aux apprentissages, soit une aide pédagogique renforcée. De plus les enseignants du RASED de Rive de Gier sont affectés d’office  deux demi journées par semaine à une expérimentation de nouvelles méthodes pédagogiques en classe de CP que conduit une équipe du CNRS de Grenoble sur quelques 80 écoles de l’Académie, dont la notre. Certes, il est très utile d’améliorer les pratiques pédagogiques. Mais les expérimentations sans moyens suffisants ne risquent-elles pas de déstabiliser la classe concernée ? C’est l’inquiétude qu’ont exprimée les parents des deux classes de CP inscrites dans ce dispositif. Les enseignants y sont attentifs et nous permettrons d’échanger au fur et à mesure de sa mise en œuvre. Il reste que les suppressions d’emplois dans l’Education Nationale mettent en difficulté la qualité de l’enseignement: « Des demandes d’aides pédagogiques ou rééducatives ne sont pas satisfaites » déplore l’équipe enseignante. L’accompagnement éducatif (en fait l’ancien « soutien scolaire ») ne se mettra en place, lui, qu’à partir de la rentrée de novembre et s‘arrêtera au milieu du printemps, en raison « des restrictions budgétaires » nous explique le directeur de l’école..

    Dans ce marasme, la motivation des personnels enseignants apporte une vraie lueur d’espoir. Le dévouement des enseignants est palpable à l’écoute des nombreux projets pédagogiques qu’ils nous présentent pour chacune de leur classe. Un appel est lancé aux parents pour aider à trouver des fonds permettant de financer une partie de ceux-ci. Nous en sommes d’accord et travaillons à une initiative financière d’ici à Nöel, car après il y a déjà le loto qui est programmé en février et la kermesse de fin d’année.. La recherche de fonds doit se répartir sur toute l’année !

     

    politique


    De l’argent pour nos écoles plutôt que pour les banques, telle devrait être la politique du local au national. Or pour l’instant avec les taux d’intérêts exorbitants que paye notre ville et notre pays,  tel n’est pas le cas, de Rive de Gier à l’Elysée.

     

    Vincent BONY

    Conseiller municipal de Rive de Gier

  • UNE GREVE D'INTERET PUBLIC !

     Plus d’une cinquantaine d’agents de différents services de la commune se sont rassemblés ce matin à 10h devant l’hôtel de ville à l’appel de leur syndicat CGT.

    Les élus du groupe Gauche Citoyenne et Ecologiste leur ont témoigné de leur soutien.

    Les personnels de la Ville remettent en cause les choix de la majorité municipale de suppressions d’emplois, particulièrement dans les écoles, de réduction des horaires de travail de nettoyage des bureaux. Des tâches supplémentaires sont demandées aux agents de la médiathèque sans moyens supplémentaires.

    Cette politique de réduction des ressources humaines entraîne un profond malaise parmi les personnels, qui ne se sentent ni écoutés, ni entendus.

    Cette politique de suppression d’emplois rejette des ripagériens en dehors du travail, sans considération du service rendu à la collectivité pendant plusieurs années.

    Cette politique néfaste trouve sa source dans le choix budgétaire de la majorité municipale de conserver le budget des frais de personnels en 2011 identique à celui de 2010.

    L’inflation et la progression de l’ancienneté des personnels entraînant mécaniquement une augmentation de la masse salariale, ce choix budgétaire se traduit par une baisse du volume d’heures de travail, comme nous l’avions dénoncé au moment de l’adoption du budget 2011. Un comble pour une commune dont la population s’accroît !

    IMG_2766.JPGAujourd’hui encore, aucune réponse n’a été apportée aux agents malgré leur mobilisation exceptionnelle. Le maire prend ainsi la responsabilité d’un blocage des services municipaux. La grève perlée va se poursuivre.

    Solidaires des personnels communaux en grève, nous appelons Jean Claude Charvin  à sortir de son mutisme, à assumer ses responsabilités en recevant personnellement les délégués syndicaux pour prendre en compte les légitimes revendications des agents.

    Vincent BONY

    conseiller municipal

    de Rive de Gier

  • BIENVENUE AU FRONT DE GAUCHE !

    Près de 60% des français interrogés par IPSOS ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy se représente à l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai 2012. Le désaveu qu’exprime le pays à l’encontre de l’hôte actuel de l’Elysée est incontestablement la donnée majeure du débat politique.

    Ce rejet a alimenté la participation d’un certain nombre de citoyens à l’opération « primaires » qu’a organisé le parti socialiste, dimanche 9 octobre. A Rive de Gier, les responsables de la section socialiste m’indiquent que 285 personnes (3,80% du corps électoral ; 5,9% au plan national) sont venues exprimer une préférence sur le choix du candidat socialiste à l’élection présidentielle.

    Ayant déjà fait part de mes questions à l’égard de cette opération, je ne veux pas reprendre le sujet ici. Simplement, on peut être marqué par le paradoxe produit par cette opération de concertation-communication: les deux finalistes -qui partagent la même orientation- font maintenant la course aux voix recueillies par le troisième candidat, porteur lui, d’une vision différente, emprunte de préoccupations sociales et de protections réglementaires pour les populations. Bref, les contradictions internes au PS sont exposées au grand jour sans que n’ait été réglé pour l’heure la question du leadership national de cette formation.

    La réussite des primaires socialistes repose en fait sur le ressort puissant que constitue l’envie de mettre une vraie claque au président sortant. Je m’en réjouis.

     

    Je mesure chaque jour la gravité, la nocivité de la politique que conduit la majorité présidentielle.

    La droite au pouvoir depuis dix ans gère le pays au service des très riches, tentant de faire croire aux autres qu’ils pourraient l’être, un peu, aussi.

    Par exemple Sarkozy et l’UMP proposaient lors de la campagne électorale de 2007, des « subprimes à la française », ces fameux emprunts hypothécaires qui ont amené le système assurantiel et bancaire américain -puis mondial- à la faillite en 2008. Le rêve du « tous propriétaires », inaccessible devant la réalité des salaires massivement peu élevés, la droite proposait alors de le réaliser à travers l’emprunt gagé sur la valeur immobilière du bien en voie d’acquisition : les subprimes. La crise aigüe les a freiné. Mais force est de constater que sur notre commune, la même majorité de droite fait disparaître du logement social et pousser des pavillons individuels comme des champignons. Les ripagériens qui souhaitent se loger mieux ne peuvent pas tous accéder à la propriété. Que deviennent-ils? Ce mouvement n’alimente-t-il pas le mal logement qui gangrène notre centre-ville?

    On mesure la nécessité que l’Etat encourage une toute autre politique de développement du logement, répondant aux besoins des populations, visant l’excellence énergétique.

     

    Pour Rive de Gier comme pour le pays, battre Sarkozy dans quelques mois appelle la gauche à ce que j’appelle un devoir d’audace, de courage et de créativité.

    La gauche a besoin d’une énergie vraie, qui lui donne la capacité d’affronter les acteurs des marchés financiers, des puissances de l’argent.

    Ce n’est pas seulement un homme, un parti politique qu’il s’agit d’affronter. Lors d’un colloque sur l’avenir de la protection sociale et de son financement organisé par les Mutuelles de France vendredi dernier à Saint Etienne, Louis Viannet ex-secrétaire général de la CGT rappelait que dès la création de la Sécurité Sociale en 1945, les représentants du patronat n’ont eu de cesse de reprendre cet acquis, ne supportant pas qu’une part si importante du « marché de la santé » échappe à leur boulimique appétit de profits.

     

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    Libéré de toute contrainte, de toute régulation, le système capitaliste et sa soif insatiable de profits maximums pour les actionnaires devient dangereux pour toute la société.

    Engager le bras de fer avec les tenants de cet ordre injuste et violent nécessite que la gauche mobilise en conscience des forces citoyennes capables par leur union et leur détermination, de faire entendre la voix de l’intérêt général.  Le Front de Gauche est précisément cet espace, ce vecteur de rassemblement social et politique pour battre la droite et l’extrême droite, pour que réussisse un vrai changement à gauche en 2012.

    Depuis son lancement en 2009, je m’inscris dans cette démarche ouverte et novatrice.

    Le Front de Gauche est devenu la deuxième force de gauche et entend bien proposer avec son candidat à l’élection présidentielle Jean Luc Mélenchon et ses candidats aux élections législatives la force principale du changement. Mais rien ne se fera sans la participation du plus grand nombre!

    Je vous invite à deux rendez-vous qu se tiennent ces jours-ci :

    - Jeudi 13 octobre à 19h à la bourse du travail de Saint-Etienne se tient le 1er forum citoyen du Front de Gauche.

    - Mercredi 19 octobre à Rive de Gier à 18h30 j’animerais une rencontre publique intitulée « Face à la crise financière et à la dette publique, quelles propositions alternatives ? ».

    Bienvenue au Front de Gauche !

     

    Vincent BONY

    conseiller municipal

    de Rive de Gier

  • AMENAGER LA TAXE ? "NON" DIT LE MAIRE..

    Lors du Conseil municipal du jeudi 29 septembre, une délibération sur la taxe d’aménagement a été présentée par la majorité municipale. Dans ses comptes-rendus, la presse locale n’en a pas fait échos. Mais, ai-je envie de sourire en pastichant le fameux slogan du quotidien régional, « même si ce n’est pas dans le progrès, ça peut être vrai » !

    Voici donc à travers le texte de mon intervention en séance, présentée l’histoire véridique de la nouvelle augmentation fiscale de Jean Claude Charvin et de ses amis.

    « Cette proposition de délibération s’inscrit dans l’évolution de la réglementation de la fiscalité locale. Nous avons jusqu’au 30 novembre pour délibérer sur le taux de cette nouvelle taxe qui en remplace plusieurs, notamment la Taxe Locale d’Equipement à propos de laquelle nous avons délibéré en avril dernier.

    Il se peut d’ailleurs, à en croire la presse spécialisée, qu’un délai supplémentaire soit accordé aux collectivités locales et que sa mise en œuvre soit retardée. Nous aurions donc pu prendre le temps d’attendre quelque peu pour vérifier si nouvelle circulaire il y a, histoire de vérifier que la réglementation n’en soit pas à nouveau changée. En tout état de cause ce dossier aurait très bien pu être présenté au conseil municipal de fin octobre et même de fin novembre pour être conforme au calendrier actuel.

    Cette taxe d’aménagement s’applique sur la construction, la reconstruction, l’agrandissement des bâtiments et aménagements de toute nature : habitations, entrepôts, commerces..

    Cette évolution de la taxe locale génère à taux constant une progression des recettes communales, si je m’en réfère à ce qu’en dit la presse, liée au changement du mode de calcul de la surface sur laquelle s’applique la taxe. En prenant désormais en compte les surfaces utiles et non plus la SHON (la surface habitable), la loi  intègre ainsi dans ce calcul, les sous sols, les garages dont la hauteur dépasse 1m80 sous plafond.

    Aussi il serait nécessaire de préciser avant de proposer un taux municipal quelle évaluation on a de son produit par rapport au produit de la taxe précédente. Pouvez-vous nous le dire  M Rousset ou M Gourbière ?

    Vous proposez en effet de poursuivre l’augmentation de cette imposition locale en reprenant le taux de 3,5 décidé en avril dernier sur la TLE. En réalité cela ferait deux augmentations en une ! Rappelons que vous avez décidé il y six mois d’augmenter de 2 à 3,5 la TLE !

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    Vous ne prévoyez pas d’exonération supplémentaire à celles prévues dans la loi.

    La réglementation prévoit pourtant cette possibilité. Ce qui permet comme je l’avais déjà proposé en avril de moduler la taxation des ripagériens en fonction de leur situation, de leur activité.

    Cela pourrait constituer un outil intéressant en direction du commerce de proximité dont on connaît l’importance à Rive de Gier ainsi que ses difficultés.

    Ainsi nous avons la faculté réglementaire d’encourager le commerce de proximité en décidant d’une exonération totale ou partielle pour les commerces de détail dont la surface de vente serait inférieure à 400 m2. Ce qui ne concernerait pas les supermarchés.

    Idem pour les logements sociaux autres que les PLAI, dont les travaux de rénovation pourraient être accompagnés par une exonération partielle de cette Taxe d’Aménagement.

    Nous souhaitons que dans ces deux directions, commerce de proximité et logement social, la ville de Rive de Gier encourage l’activité économique et l’amélioration de l’habitat populaire. »

     

    Le maire, se targuant de détruire du logement social dans notre commune et d’aider suffisamment les commerçants, a rejeté nos propositions.

    Les élus de gauche ont voté contre cette nouvelle augmentation de la pression fiscale municipale.

     

    Vincent BONY

    Conseiller municipal

    de Rive de Gier

  • QUESTIONS POUR... DES PRIMAIRES !

    On me pose la question de savoir ce que j’en pense. L’échéance se rapprochant, l’interrogation devient récurrente.

    Du coup, je me suis penché d’un peu plus près sur le sujet, essayant d’y réfléchir à froid, de manière dépassionnée.

    Au départ, cela me crispait quelque peu, ce ton de l’évidence avec lequel cette « innovation démocratique » m’était présentée. Tour à tour c’était la solution miracle, le nec plus ultra de la politique d’aujourd’hui. On me vantait l’élan citoyen qui allait en résulter, la légitimité populaire intangible que cela conférait à son vainqueur, assuré qu’une couronne de lauriers le distinguerait alors comme vainqueur officiel avant même que ne débute l’autre épreuve, la vraie, en 2012. Puis il y a eu l’affaire DSK avec tout l’écœurement qu’elle n’a pas arrêté de susciter. Ça aurait dû faire réfléchir sur la notion d’homme providentiel. Mais non. C’est reparti, autrement, mais toujours dans la recherche d’un champion ou d’une championne.

    Les primaires du PS ne m’ont donc personnellement jamais emballé, il est vrai.

     

    lors d'un atelier législatif pour l'emploi en 2010.jpg

    "Je suis plus attaché au débat direct, à l'élaboration collective de propositions concrètes comme ici lors d'un atelier législatif pour l'emploi, qu'à l'écrasante machinerie des primaires."

    Jusque-là, j’éludais, tentant de faire bonne figure devant les gens de gauche qui –gentiment- m’interpellaient pour connaître mon sentiment à ce propos. Voire pour savoir pour qui il fallait voter ! 

    Mais voilà que mon voisin Bernard, secrétaire de la section socialiste de Rive de Gier, a glissé dans ma boite aux lettres le tract officiel des primaires qu’organisent le PS et le PRG. Et le journal du jour consacre une pleine page aux six représentants régionaux des six prétendants nationaux. Je suis cerné ! A mon tour alors de m’exprimer sur le sujet et de pointer quelques questions non pas pour un champion, mais sur ces « primaires ».

     

    En effet si ce geste peut apparaitre comme une ouverture de la politique aux citoyens,  ce qui serait alors positif, il n’en reste pas moins que ces primaires, telles qu’elles sont organisées posent plusieurs questions de fond, pour lesquelles je n’ai pas forcément la bonne réponse, mais au moins ma réponse.

     

    Dans le tract officiel, cette opération est présentée comme un « droit ».

    Ce qui est assez curieux, car un « droit » trouve généralement sa source dans ses attendus  juridiquement stabilisés. On peut certes demander la création de droits nouveaux, mais en le justifiant à la fois par une nécessité et par le fait que ce droit à créer sera la solution au problème. Ici aucune justification n’est donnée : c’est un « droit » que le PS a créé, semblant devenir par là même et par lui-même une source juridique, un législateur auto proclamé.

    Ce « droit » est cependant soumis à deux restrictions : celle de s’acquitter d’un euro, somme certes symbolique mais qui renvoie plutôt à la notion bien établie de cotisation, contrepartie d’une adhésion à un groupement, plutôt qu’à un droit s’appliquant à tous les citoyens sans préalable aucun.

    Seconde restriction, il est nécessaire de signer un engagement de reconnaissance dans les « valeurs de la gauche et de la République ». Au-delà de cette pétition de principe, on ne trouve ni sur ce tract, ni sur le site Internet dédié aux primaires, la définition de ces valeurs. Mais j’ai réussi à trouver la phrase complète qu’il faudra parapher et qui est tellement simplifiée, qu’elle en est simpliste (*voir plus bas) et ne garantit en rien les contours de l’engagement.

    A ces deux conditions près, tout citoyen inscrit sur une liste électorale peut aller voter. Mais pour voter, d’habitude on reçoit une profession de foi. Ici, le tract présente succinctement les six candidats déclarés. Chacun des six essaye de faire bonne figure mais aucun ne développe son programme. Si 5 d’entre eux sont du même parti, le sixième est président d’un autre parti, le PRG, chaque parti ayant son propre programme..

     

    Dans leurs courtes explications, François Hollande justifie les primaires en écrivant : « réussir les primaires offrira à notre candidature une dynamique exceptionnelle » ; Martine Aubry écrit : « Grâce aux primaire, c’est à vous de choisir la personnalité de gauche pour diriger la France »; Manuel Valls précise que les primaires vont permettre « de sélectionner le candidat de la gauche qui vous semble le plus crédible ». Ségolène Royal, va plus loin, habitée semble-t-il d’une autre dimension, qui écrit que les primaires vont permettre le « souffle démocratique qui permettra la victoire de 2012 et la nouvelle espérance »..

    Il s’agit donc de choisir une personne sur qui tout repose, et de la choisir sur son profil, sa posture et non sur le contenu politique que cette personne prétendrait incarner. 

    Arnaud Montebourg, le premier à avoir proposé ces primaires, estime que les primaires sont l’occasion de « renouveler les idées et les hommes » et Jean Michel Baylet les voit comme « un formidable moyen de mobilisation et un moment unique de confrontations d’idées pour faire évoluer le programme de la gauche». Ils en sont tous les deux pour leurs frais: de débat de fond entre ces candidats, il n’y en a pas.

    D’ailleurs les émissions télévisées auxquels le service public s’est prêté n’auront montré au mieux qu’une différence entre Valls et Montebourg, les autres se cantonnant à des jeux d’images pour paraître le mieux ceci, le plus cela.

    Dans le Progrès du jour, on lit les commentaires journalistiques suivants : « l’analyse sur la crise elle-même et sa gestion en France font l’unanimité » et « sur les solutions proposées pas non plus de très grandes divergences ». Un encadré sur les « retraites » présente les six candidats « d’accord sur un retour à 60 ans », mais à la lecture du papier on se rend compte du leurre puisqu’ils proposent 41 annuités de cotisations pour prendre sa retraite, ce qui est impossible pour la grande majorité qui ne commence pas à travailler à 19 ans !  

    Cette opération de communication à laquelle les médias consacrent une part totalement déséquilibrée par rapport à la diversité du débat à gauche, m’apparaît comme un grand numéro de nombrilisme.  

    Dès le départ il est affirmé qu’il s’agit de « désigner le candidat qui devra battre Nicolas Sarkozy et porter les couleurs de la gauche lors de l’élection présidentielle. » Bref le PS s’autoproclame la « gauche » et ne ressent nul besoin d’expliquer pourquoi.

    Pourtant dans un passé récent il est arrivé que le PS ne soit pas suivi majoritairement par les électeurs de gauche, et de loin ! Aux européennes de 2009, Europe Ecologie a fait le même score que le PS 16,5% et le Front de Gauche y obtenait 6,5%. En 2005 lors du référendum sur la constitution européenne, le PS a essuyé au sein des électeurs de gauche un revers, avec la victoire du « non » soutenu par les forces du Front de Gauche, tandis que le « oui » était la position du PS et des Verts.

    Avec ces primaires, le PS et son satellite PRG fait le battage pour donner le sentiment qu’il s’efforce de faire participer les citoyens à ses choix. Mais en réalité n’est-ce pas l’absence de choix politique au sein du PS qui explique cette opération ? Le rôle d’un parti politique n’est-il pas de proposer un projet aux citoyens ? Ici, le contenu du projet socialiste arrêté par consensus interne au printemps dernier n’est aucunement mis en lumière. Pas plus que le choix entre les candidats n’est là pour arbitrer entre les différences de fond qui peuvent les distinguer.

    C’est la crise fondamentale de la sociale-démocratie que l’on tente de recouvrir par un exercice baptisé « primaires citoyennes ». Je ne dis pas que les autres courants de gauche se portent tellement mieux, mais ne pas reconnaître sa propre crise ne permet pas de la surmonter vraiment.

    La probabilité est grande dès lors que le résultat soit dicté par les sondages d’opinions, qui sondent surtout l’instantané, le sentiment, la sensation que l’on éprouve à l’égard de tel ou tel.

    Le ressort sur lequel s’appuie essentiellement cette nouveauté politique est le rejet du sarkozysme. En ce sens elle ne peut pas être totalement blâmée, mais elle peut s’avérer très insuffisante au moment d’affronter vraiment le sarkozysme.

    En 2007, le choix de la candidate du PS n’avait-il pas déjà été largement imposé par les sondages et les manipulations médiatiques présentant « Ségolène » comme la mieux placée pour répondre aux attentes des français ? On a vu le résultat : le hold-up de la droite sur le « travail » et l’incroyable tentative de marchandage entre deux tours de la candidate de gauche avec un candidat de droite.. ! Cette année, il n’est pas surprenant que les sondages donnent François Hollande grand favori de ce cirque médiatique : c’est l’auto proclamé candidat le plus cre-di-ble !

    Dernière chose, mais pas des moindres. Ce championnat national de la meilleure figure pousse inévitablement à se ranger derrière son champion, sa championne. Les dérives auxquelles cela entraîne sont bien connues: effacement du débat d’idées, caporalisation des militants et des élus locaux, logiques de clans. Un exemple : j’ai été très étonné de la faute commise par le maire de Saint Etienne en apprenant récemment que ses collaborateurs avaient utilisé les adresses mails professionnelles des agents de la ville pour faire part de l’engagement de leur « patron » en faveur de François Hollande.  C’est un manquement à la déontologie du service public !

    Ces primaires me donnent le sentiment d’écraser le débat politique plutôt que de le nourrir et de le grandir. Mais, même si je ne suis pas un éléphant, je peux me tromper.. -))

     

    Vincent BONY

    Conseiller municipal

    de Rive de Gier

    PCF/ Front de Gauche

     

    * "Je me reconnais dans les valeurs de la Gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire"