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  • FADILA

    Son sourire, sa voix, son attention aux autres, sa générosité, sa présence si chaleureuse, on ne mesure que maintenant la place qu’ils avaient pris dans notre vie. Maintenant qu’elle est partie.

    Un vide immense s’est créé en nous quand la nouvelle que l’on commençait à redouter, est finalement transmise, de proche en proche, en ce funeste mercredi 17 septembre. 

    Dans la soirée, yeux humides et gorge nouée, ses camarades, ses amis, sa famille, nous nous sommes retrouvés tous ensemble et quelqu’un a dit « elle aurait voulu que l’on prenne un verre en sa mémoire ». Se retrouver, se parler, se serrer les coudes, et sourire à la vie, se battre encore, oui, cela ressemble à ce que j’ai connu de la vie de Fadila Baali.

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    Ensemble nous avons mené des actions, avec Familles Solidaires, avec le Parti Communiste Français. Nous avons vécu des moments de joie et de luttes, fait la fête, engagé des réflexions, mené des campagnes, discuté souvent d’idées pour changer les choses, pour améliorer la vie.

    Fadila était employée au sein de HMF, le bailleur social du Grand Pont. Au-delà des tâches ménagères, c’est tout le quotidien des habitants qu’elle portait sur ses épaules. Rassurer une personne âgée, encourager des plus jeunes, renseigner une famille, alerter sur telle situation, cela ne figurait pas sur sa fiche de poste, mais telle était sa manière d’être et de donner tellement d’elle-même aux autres. La solidarité du quotidien, sans discours, sans préalable.

     

    Cette force, d’où pouvait-elle bien la tirer ? Des années difficiles de sa jeunesse dont elle parlait quelques fois ? De son expérience humaine ? Sans doute..

    Elle s’était tissé des liens d’amitié très étendus dans le quartier et dans la ville. Elle avait été élue au Conseil d’Administration du Centre Social Armand Lanoux, attentive à apporter des réponses aux préoccupations des habitants.

    Ensemble, avec Amel nous avions créé en 2008, l’association Familles Solidaires afin de permettre aux familles qui n’en ont pas les moyens ordinaires un week-end à la mer, des sorties familiales à la ferme, des soirées au cirque ou à Geoffroy Guichard, un repas partagé à la Maison Pour Tous.. De la solidarité en actes, des bons moments vécus ensemble qui rendaient chaque participant plus heureux.

    Elle avait pris sa place au parti communiste. Sa participation aux réunions était toujours guidée par le souci de faire le lien avec les locataires, avec ce qu’elle ressentait autour d’elle. Combien de fois, l’avons-nous entendu reprendre l’un de nous, un peu trop sûr de son analyse et de nous interpeller : « ce n’est pas ce que j’entends autour de moi, les gens ne réagissent pas comme cela. » Et de pousser à la discussion collective.

    Pour elle la politique devait être à la portée de chacun. C’est ce qu’elle attendait du PCF, qu’il soit capable de bâtir des propositions à partir du vécu des familles populaires et de porter un message d’entraide, de lutte et d’espoir. La politique était pour elle une porte ouverte sur la compréhension du monde. Elle était toujours volontaire pour comprendre, elle s’ouvrait à d’autres champs de préoccupations. Ainsi ce débat à la fête citoyenne, consacré à l’AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne), l’avait particulièrement intéressé. Mais on ne peut pas oublier sa découverte de la fête de l’huma, qui semblait avoir été créée pour elle. Le « village du monde » plus particulièrement, avec ses centaines de stands des différents pays, cet esprit de fraternité et de convivialité, les musiques et les saveurs des différents pays. Chaque année, elle donnait de son temps au service sur le stand de la Loire, dont elle était devenue un des piliers.

    Lundi dernier, il lui restait suffisamment de forces pour regarder des photos ramenées la veille des allées ensoleillées de La Courneuve. C’est comme si elle avait attendu depuis sa chambre de vivre une dernière fois cette fête qui lui ressemblait tant.

    Cet été, alors qu’insidieusement la maladie progressait, vite, trop vite, les visites se sont multipliées auprès d’elle. Famille, amis, collègues et camarades, mais aussi voisins et connaissances. Témoignages de la place que «Fadi» avait prise dans la vie de chacun.

    Vendredi, à la mosquée puis au cimetière, c’est cette foule aux origines multiples qui s’est réunie, incrédule, ne réalisant pas vraiment, pas encore, pas totalement, mais mesurant du regard l’étendue de l’empreinte qu’elle avait posé, jour après jour, sur la vie d’un quartier, le sien.

    Fadila, la vie ne t’avait pas fait de cadeau, mais toi, ta vie, tu en as fait un cadeau à ceux que tu aimais.

    Tu es partie si vite, la blessure en nous est vive, on ne sait pas bien comment nous allons faire maintenant que tu n’es plus là.

    Je crois que nous allons essayer de suivre ton exemple, garder ton sourire en nous, faire de la vie une fête, solidaire, et nous battre, toujours, ensemble.

    A ses enfants, à nouveau, toutes mes condoléances. Soyez fiers de votre mère. Elle tenait une place si grande pour tellement de personnes. Que sa vie nous éclaire tous.

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