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L'HOPITAL, LA POLICE ET....SAINT ETIENNE MONOPOLE ?

Retrouvez ci dessous le texte des élus Front de Gauche de la vallée du Gier, rendu public lors d'un point presse tenu jeudi dernier à Saint Chamond. Nous abordons trois sujets concrets communs à tous les habitants de la vallée du Gier.

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Vincent BONY

Saint Chamond, jeudi 21 mai 2015

 

Bonjour,

Avec les collègues élus dans cette vallée que nous aimons tant, nous ne pouvons rester silencieux devant trois dossiers essentiels pour le quotidien de ses habitants.

Le devenir de l’Hôpital, l’organisation des forces de police, la transformation de Saint Etienne Métropole en communauté urbaine.

 

Permettez-nous de le signaler dès cette introduction. A travers ces trois dossiers, c’est la même question de la proximité, de la qualité, de la sécurité du service public qui est en jeu. Et sur chacun de ces trois dossiers, ce sont uniquement des choix politiques, au sens fort du terme, qui sont en cause.

Nous sommes dans notre diversité d’engagements, de parcours, attachés au choix fondateur du Front de Gauche, le choix de « l’humain d’abord ». C’est à l’aune de ce choix de société, le choix de placer l’être humain au cœur des réponses à apporter, que nous prenons la parole ce matin, certains de représenter au-delà de nous-mêmes, une très large partie de la population qui se retrouve dans l’affirmation que notre société doit mettre les valeurs humaines au centre de son projet.

A l’heure où de nombreux discours publics plébiscitent le choix de la République, nous exhortons le gouvernement et les responsables politiques locaux UMP à confronter leurs paroles à leurs actes. La liberté, l’égalité, la fraternité ne peuvent pas seulement rester gravées au fronton de nos mairies, quand par ailleurs on en démolit tous les murs ! 

Ces valeurs pour être partagées, doivent être protées au quotidien dans la vie de nos concitoyens.

Or c’est l’inverse qui se produit ! C'est ce qui nous conduit à prendre la parole sur trois dossiers majeurs et de pleine actualité.

  • ·Le devenir du Centre Hospitalier de la Vallée du Gier

Vous le savez, nous sommes signataire d’un « appel collectif » initié par Mme Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire et Mme Mireille Carrot, responsable syndicale de la santé, appel rendu public en novembre dernier à propos de la réorganisation des hôpitaux publics en Loire sud.

Cet appel est né en réaction au projet de l’ARS qui vise à supprimer du service public hospitalier au prétexte, précisément d’indicateurs de santé dégradés.

Parce que la population de notre bassin de vie souffre plus que d’autres, les technocrates de l’ARS engagent un processus de réduction du service public de santé. Nous l’avons dit dès le début, cela est inacceptable. Nous avons alerté l’opinion publique, manifesté à chaque réunion du comité de pilotage et déjà obtenu un élargissement du comité de pilotage aux parlementaires, obtenu un changement du calendrier qui était extrêmement resserré, et certainement empêché que le pire scénario ne soit choisi.

Cependant, nous devons dire la vérité, la maternité du centre hospitalier de la vallée du Gier est directement menacé.

Ce qui est en cause dans ce projet de restructurations au plan de Loire sud, c’est le choix de faire des économies en regroupant des activités sur certains sites. Ainsi pour la vallée du gier, il n’y aurait plus le choix d’accoucher à Saint Chamond, mais l’obligation de se rendre à l’Hopital nord. Le CHU est pourtant déjà un site saturé, distant de plus d’une demi-heure en temps normal depuis les coteaux de la vallée et chacun connaît les embouteillages du contournement autoroutier stéphanois, sans parler des conditions hivernales régulières..

En réalité ce choix conduirait à de nouvelles difficultés, à l’aggravation des conditions d’accès au service public de santé. On voit mal dans ces conditions, comment on prétend combattre les mauvais indicateurs de santé en renforçant les inégalités devant la santé.

Nous demandons que le financement de la proximité des hôpitaux publics soit pris en charge explicitement. Ce n’est pas le cas aujourd’hui avec la tarification à l’acte instauré par la loi Bachelot (loi Hopital Santé Territoire), et avec la concurrence déloyale du privé qui bénéficie d’autorisations et de financements publics, en plus des ressources liées à sa clientèle. La future loi santé portée par Mme Touraine ne porte pas de rectification de cette injustice, ce qui est dommageable. D’autant qu’avec le choix gouvernemental du « pacte de responsabilités », sur les 50 milliards d’économies à réaliser, le secteur de la santé est concerné pour 20 milliards !

On le voit dans ce dossier comme dans les autres points que nous soulevons ce matin, cette politique d’austérité aggrave le mal. Elle n’est pas la solution.

Dans ce dossier, rien n’est fatal. La mobilisation de tous va être déterminante. Le « collectif maternité » organise avec plusieurs organisations syndicales, une grande marche ce dimanche 31 mai, jour de la fête des mères. Nous voulons témoigner de la grande conscience professionnelle de ces salariées, attachées à leur service, à la qualité des soins qui y sont prodigués.

Nous appelons tous nos concitoyens à signer la pétition et à prendre part à cette manifestation. Madame Cécile Cukierman, Sénatrice de la Loire va interpeller par écrit Madame la ministre de la santé cette semaine. Cécile s'est beaucoup impliquée sur ce dossier de la santé. En témoigne encore, le dépôt avec son groupe parlementaire en janvier 2014 d'une proposition de loi « pour un moratoire des fermetures et restructuration des hôpitaux ». Proposition de loi que les groupes PS, UDI et Ump ont refusé d'approuver. Pourtant tous les élus vont maintenant localement dire leur compassion avec les salariés et les usagers des Hôpitaux, menacés de fermeture. Nous pensons qu'il est nécessaire d'accorder la mobilisation de terrain avec le vote des lois. On mesure ici l'arme que nous aurions pour défendre notre Centre Hospitalier de la vallée du Gier si tel était le cas.

 

  • ·L’organisation des forces de police du Gier

Nous nous réjouissons que les fonctionnaires de la circonscription de police du Gier puissent bientôt bénéficier de locaux modernes. Le bâtiment est en train de sortir de terre et son inauguration dans quelques mois est une bonne chose. Mais derrière cette bonne nouvelle, émerge une question lancinante et inquiétante : celle de la réorganisation des forces de police sur l’ensemble de la vallée.

Jusqu’à l’effondrement du toit de l’ancien commissariat de police de Saint Chamond, l’organisation fonctionnelle était la suivante. Les communes urbaines de la vallée constituent une circonscription de police placée sous la responsabilité d’un chef de circonscription, circonscription organisée en deux entités : le commissariat de plein exercice de Saint Chamond et le commissariat de secteur de Rive de Gier oeuvrant sous l’autorité du commissaire de Saint Chamond mais étant positionné au plus près du terrain, avec un secteur géographique de proximité comportant 8 communes.

Avec la situation transitoire actuelle, l’ensemble des équipages de police sont basées au commissariat de Rive de Gier. L’inquiétude qui est la notre et celle des habitants est de connaitre le projet réel pour demain, quand le nouvel hôtel de police de Saint Chamond sera livré. Rive de Gier conservera-t-il un commissariat de police ? avec quels effectifs ?

Tous les échos qui nous reviennent font état d’une fermeture de ce commissariat ripagérien et même d’une vente des locaux qui appartiennent à l’Etat...

Nous avons écrit au commissaire afin d’obtenir des réponses. Nous estimons indispensables le travail de terrain des forces de police nationale.

Nous réfutons l’idée que le recul de ce service public national pourrait quelque part être compensé par le développement de polices municipales. La sécurité est une compétence régalienne, régie par un service public dédié, sans influence du jeu politique local.

Cette déontologie est une garantie pour tous et toutes. Nous attendons des réponses claires de la part des autorités sur ces questions et sommes prêts à nous mobiliser sur ce dossier également.

 

  • ·La transformation de Saint Etienne Métropole en Communauté Urbaine

 

Gael Perdriau, Hervé Reynaud et Jean Claude Charvin ont un projet destructeur. Ils veulent faire passer Saint Etienne Métropole (SEM) du statut de Communauté d’Agglomération à celui de Communauté Urbaine. La différence ? une remontée de compétences sans précèdent de nos communes vers SEM. A tel point que nous avons rebaptisé leur projet en Saint Etienne Monopole.

Ce qui est en jeu, c’est tout simplement l’exercice de réelles compétences par nos communes.

Nous sommes attachés à la solidarité, à la coopération entre nos villes et villages. Nous avons un territoire en partage, comme le montre par exemple aujourd’hui  notre mobilisation pour l’hôpital ou  hier pour telle ou telle entreprise emblématique de la vallée.

Notre propos est de défendre une certaine conception de l’intercommunalité, contre un projet d’absorption des moyens et des compétences des communes.

Car dans ce projet pas moins de 14 compétences seraient obligatoirement remontées!

L'eau, l'urbanisme, la voirie, les cimetières, les parkings, les zones d'activité, la politique de la ville, l'habitat…seraient transférés. Pourquoi ? L'échelle communale est une une échelle appropriée pour ces enjeux là. L'intercommunalité doit rester concentrer sur sa raison d'être : réaliser ce que seule une commune ne peut pas faire.

Nous faisons un parallèle avec les deux dossiers précédents. C’est la même logique de recherche d’économies sur le dos de la proximité, de la qualité du service public rendu à l’usager. Sur le dos de la démocratie aussi. Car la commune, c’est moderne, c’est vivant. C’est l’espace citoyen dans lequel émerge de nouvelles pratiques sociales, culturelles. C’est un lieu d’innovation permanent, basé sur la rencontre entre l’implication des habitants et la réponse publique possible grâce à la présence des élus et des services municipaux.

Eloigner les maires, les élus locaux de la vie communale en les accaparant par de multiples réunions à SEM, absorber des services techniques et des ressources financières à une échelle inconnue du territoire, c’est affaiblir ce lien républicain.

Concrètement si ce projet venait à la vie, il y aurait une déperdition du service public, un éloignement des centres de décision et un coût supplémentaire pour l'usager, comme chacun en a fait le constat avec le ramassage des ordures ménagères ou l'assainissement.

Si l’État qui promeut ce type de structure avec la carotte d'une amélioration temporaire de la Dotation Globale de Fonctionnement, la vérité est que personne ne peut chiffrer le surcoût de cette « mille et unieme feuille territoriale » que l'on rajouterait avec cette entité supplémentaire.

Les éléments en notre possession montrent un projet de dépeçage des services techniques saucissonnés entre ceux qui remonteront à SEM et ceux qui resteraient dans les communes.

Il est question puisque SEM est trop loin du terrain, d'inventer des "entités territoriales", 4 à 6 sur le bassin des 45 communes de SEM, pour tenter un tant soi peu, de pallier à l'éloignement des centres de décisions.

 

Nous alertons les élus locaux, les bénévoles associatifs, les responsables économiques de nos communes. Ce projet est dangereux. Il va faire voler en éclats la cohérence des services municipaux patiemment construits dans chacune de nos communes. Des communes qui savent déjà coopérer, mutualiser de manière intelligente et adaptée en fonction de leurs besoins.

Ce projet n’a pas été présenté à la population, il n’est pas débattu publiquement. Le calendrier de décision serait très resserré, avec un processus de décision restreint aux seuls conseils d'agglomération et conseils municipaux pendant l'été, tout devant être bouclé au 3  septembre, pour une mise en œuvre effective au 1er janvier 2016 !

Ce comportement outrancier ne respecte pas le citoyen. C'est un mépris démocratique insupportable. Combien d'équipes municipales ont été élues en mars 2014 sans se prononcer devant les électeurs sur leur vision d'une transformation de l’intercommunalité ?

Nous ne sommes pas élus pour décider tous seuls.

Nous demandons l'ouverture d'un vrai débat associant nos concitoyens et tranché par referendum local. N'ayons pas peur du débat pour construire le projet de développement de notre territoire commun.

Jean Pierre De Pasquale, conseiller municipal de Saint Chamond

Marcelle Boulhol, maire adjointe de Farnay

Vincent Bony, Jean Point et Caroline Benoumelaz, conseillers municipaux de Rive de Gier

 

 

 

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