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CHRONIQUES IRREGULIERES - Page 2

  • LE JOLI MOIS DE MAI.. Chroniques irrégulières (IV)

    Les jardins souffrent de ce beau mois de mai sans pluie aucune. Malgré ce beau temps, les enfants ne sont pas forcément à la fête pour jouer dehors. Dans notre ville, les jardins publics sont eux aussi rares que les gouttes de pluie de ce printemps 2011. Et ce ne sont pas les projets de l’actuelle municipalité qui vont améliorer les choses. Le centre-ville est de ce point de vue caricatural, avec un jardin « des plantes » faméliques, des jeux -pourtant récemment implantés- peu adaptés à la diversité des âges. Et puis.. « il y a des rats, je ne veux plus y emmener mes enfants » me confiait une mère de famille ces derniers jours. Mais aller où ?

    J’ai parlé des projets de l’actuelle municipalité. Ils ont été pour une part au centre du Conseil Municipal de fin avril. Notamment sur le secteur du Mouillon ou les habitants se sont invités pour faire entendre leur point de vue. Ils avaient appris à l’automne dernier l’existence de projets de construction d’un immeuble et d’un lotissement. Sur leur insistance, ces projets leur ont été présentés. Ce qui a contribué à élargir encore la mobilisation des riverains. Au cœur de leur engagement se trouve l’absence de concertation dont fait preuve la municipalité. Au comble de sa mauvaise foi, le maire en séance publique du Conseil a tenté de renverser les rôles en disant qu’il ne ferait rien contre l’avis des habitants.. Pourtant ce sont bien eux qui ont fait reculer pour l’instant, les projets inadaptés prévus par la mairie. Projets d’urbanisme où la question de l’espace public est totalement absente. Il était ainsi prévu dans un quartier déjà saturé de circulation d’implanter une trentaine de logements supplémentaires sans prévoir ces encombrements nouveaux, sans se poser la question de lieux de rencontres..

    C’est exactement le même reproche, la même critique que je formule depuis le départ à l’encontre du projet de « La Marianne II ». Confirmé grâce à l’appui d’un Préfet sarkozyste qui ne daigne pas répondre à la lettre que je lui ai adressée en juillet dernier, ce projet a certes été modifié, mais dans le mauvais sens ! C'est-à-dire que pour respecter le critère de densité imposé par le SCOT, il y a été rajouté non pas un peu d’habitat collectif mais un resserrement des cases pour passer de 204 à 229 villas individuelles ! La même mauvaise foi pousse la municipalité à estimer que cela fera bien de la mixité sociale avec le quartier du Grand Pont dont on ne voit pas cependant le lien direct avec La Marianne. D’autant qu’au Grand Pont on détruit du logement social dans de grandes proportions. Quant aux espaces verts, aux plaines de jeux, le maire semble ignorer ce que cela signifie. Il n’y en a point. Au total plus de 450 villas seront concentrées sur ces hauteurs de Rive de Gier, sans aucun équipement collectif, sans services, sans commerces, sans lieux de vie collectifs. Je maintiens l’image du quartier dortoir, de l’aspirateur à voitures que cherche à toutes forces de créer Jean Claude Charvin. Pour moi, une autre ville est possible, qui n’empilerait pas les voitures sur les habitants, qui penserait la Cité comme un bien commun et non comme une série de lots à vendre à des promoteurs plus ou moins amis..

    En ce printemps aux couleurs sécheresse, nous avons aussi appris par l’adjoint chargé des finances que les Ripagériens vivaient avec des services municipaux « haut de gamme ». Cela aurait pu être un compliment pour la qualité du travail des agents municipaux, mais ça ne l’était pas. Sec comme un coup de trique, il s’agissait d’un coup sur les doigts des ripagériens : après la fermeture de l’accueil du service des eaux en raison d’un arrêt maladie non remplacé, l’élu aux finances (chef d’entreprise de profession) annonçait réfléchir à la fermeture de tous les services municipaux de la commune quinze jours en aout. La continuité du service public semble être une notion inconnue de cet adjoint pourtant aussi chargé de l’Etat Civil.. Dans la bouche de M Gourbière, « Haut de gamme », cela voulait dire « au dessus de vos moyens », miséreux Ripagériens !

    Lors d’un Conseil Municipal cet élu avait cru intelligent de demander à Jean Point s’il habitait la ville. Jean décrivait avec pertinence les plaies causées dans la ville par la politique de la majorité actuelle et M Gourbière mis en difficulté cherchait à se dégager en l’interrogeant faussement « mais dans quelle ville habitez-vous ? ». J’avais alors demandé à l’élu UMP de  bien vouloir répondre sur le fond aux questions de l’opposition et de bien vouloir nous préciser à son tour dans quelle ville il pensait habiter. Je fus surpris de sa réponse, puisqu’il m’invitait à venir chez lui, un soir, m’indiquant la rue de sa demeure.. Peut-être me faudra-t-il aller lui expliquer à domicile le sens de la continuité du service public ? En tout cas sa dernière sortie dans la presse locale contre les associations qui ne respecteraient pas le travail des agents d’entretien, et qui se complairaient dans « l’assistanat» fait frémir. Cette volonté manifeste de dénigrer des bénévoles associatifs – lesquels ? on ne sait pas !- pour les faire apparaitre comme les responsables de la grave crise des finances de notre commune est odieuse. En tout cas j’y vois la cohérence de « pensée » avec le gouvernement sarkozyste dont un ministre s’attaquait aux bénéficiaires du RSA, évoquant là un « assistanat », véritable « cancer de la société »..

     La droite est-elle aussi mal en point pour chercher à diviser de la sorte les français entre eux ? Craint-elle à ce point une sanction d’ampleur lors des prochains scrutins de 2012? Il est vrai que ce printemps apporte quelques bonnes nouvelles avec la mobilisation des jeunes générations espagnoles, qui à Madrid et ailleurs préfèrent éteindre la télévision et venir écouter et prendre la parole place del Sol. Un autre monde est à bâtir, il émerge déjà ! C’est à l’accouchement de cette société nouvelle que partout on peut travailler. Le voyage de solidarité que j’ai effectué en avril en Israël et Palestine (voir le blog sur lequel j’en rends compte) m’a convaincu de l’interaction qui relie les pays et les peuples entre eux. Mes interlocuteurs sur place m’ont tous fait part de leur espoir devant le vent des révolutions et des mouvements populaires porteurs de démocratie, de justice et de progrès social, qui depuis la Tunisie en janvier dernier, souffle sur tout le bassin méditerranéen. Je me disais que Rive de Gier est bien placé de par l’origine d’une forte proportion de ses enfants pour tisser ces liens de développement d’un monde plus ouvert, plus créatif, échappant aux mâchoires resserrées de la finance internationale et de ses institutions oppressantes. De la Grèce à l’Egypte, du Portugal à la Tunisie, de l’Espagne à la Palestine, c’est bien de « démocratie réelle » et du refus de la précarité que se nourrissent les « indignés ». Stéphane Hessel et quelques autres Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui, nous y ont invités lors du rassemblement au plateau des Glières, dimanche 15 mai ou nous étions avec quelques dizaines d’amis ripagériens. « Résister, c’est créer. Créer, c’est résister.» avait lancée Lucie Aubrac en 2004 aux jeunes générations.  Créer un front du progrès, un front de gauche en 2012, c’est aussi une tâche importante qui m’a occupé ces dernières semaines. L’élection présidentielle et les élections législatives seront pour moi l’occasion de confronter au débat citoyen ces convictions profondes. Et si j’en juge par le souhait de mes camarades, ma candidature aux élections législatives pourrait bien être proposée.

    En ce joli mois de mai, une conviction s’est enracinée en moi : « le vieux monde est derrière nous !»

     

    Vincent BONY

    Conseiller municipal de Rive de Gier

  • JOUR APRES JOUR - Chroniques irregulières III

    Dimanche, 5 heures du mat, 1er réveil.

    Ah les joies d’être papa de jeunes enfants ! Tant pis pour le sommeil ! Un biberon et deux dessins animés plus tard, j’ai le temps- enfin- de me consacrer à l’écriture pour mon « blog ». Mes chroniques sont vraiment irrégulières, alors que l’activité que procure le mandat de conseiller municipal est plutôt fournie. Je souhaiterais partager mieux encore avec chacun cette responsabilité. Elle est pour moi un privilège, celui d’œuvrer pour l’intérêt général de notre commune et de ses habitants..

     

    Jeudi 24/02 le Conseil Municipal avait un ordre du jour plutôt allégé. Souvent ce sont les mêmes dossiers qui reviennent, nécessitant des ajustements. Il en va ainsi pour les modifications de poste des agents de la commune, en fonction des mutations, départs à la retraite ou avancement de grades. En général un vote unanime s’exprime dans l’enceinte municipale. Parfois, quand bien même nous votons « pour », nous ne manquons pas dans les rangs de l’opposition de gauche d’exprimer des remarques, des critiques. Nous votons  « pour » les subventions aux associations tout en regrettant que leurs montants restent en 2011 identiques à 2010 : l’inflation, les « assoc » aussi la subissent ! Et puis il n’y a toujours pas de transparence sur ces attributions, de critères précis, les élus de la majorité en décident seuls.

    D’autres délibérations n’appellent pas de remarques particulières en tant que telles, mais sont l’occasion d’échanges, de débats. Un exemple ? Nous devions voter une série de garanties pour des emprunts contractés par HMF, l’organisme HLM qui gère 80% du parc de logements sociaux de la commune, dans le cadre du chantier ANRU de rénovation du Grand Pont. J’ai saisi l’occasion pour demander des informations sur l’état des négociations entre la Ville et les commerçants du petit centre commercial. Avec le départ du quartier de plusieurs centaines de locataires, ils tirent la langue. Et le retard incommensurable du chantier les pénalise encore plus. Mais M le maire n’a pas voulu indiquer les critères d’indemnisation, se réfugiant derrière l’organisme chargé de cette négociation. Pourtant la droite municipale a adopté en août dernier une procédure d’expropriation qui pèse comme un pistolet sur la tempe des commerçants. De leur coté, ceux-ci ont du s’attacher les services d’un avocat.. Franchement on pourrait faire mieux en terme de transparence et d’association des acteurs du quartier. Et puis sur le même dossier ANRU j’ai posé une question qui a fâché Môôssieur le maire. Objet de son ire? les clauses d’insertion sociale. Il s’agit d’une obligation légale pour les chantiers ANRU : les entreprises retenues doivent ouvrir quelques postes de travail à des jeunes du quartier concerné pour favoriser l’insertion sociale. Dans notre cas les premiers travaux de déconstruction n’ont pas permis de déboucher positivement pour les 4 personnes concernées. Alors que je souhaitais comprendre les raisons de ces difficultés, le 1er magistrat, benoîtement secondé par son adjoint aux finances, s’est quelque peu emporté, vilipendant ou croyant pouvoir vilipender, l’élu d’opposition que je suis – un « communiste !» (je ne sais pas pourquoi il répète en boucle cette apostrophe quand je lui pose des questions qui le dérangent; les électeurs m’ont tout de même élu en connaissance de cause !). Bref, pour JC Charvin, ce n’était pas une question mais une « insinuation », quitte à devoir reconnaître un peu plus loin,  que plusieurs jeunes se sont rapidement succédés sur les mêmes postes et au final, l’échec d’intégration dans l’emploi durable.

     

    Un dernier mot. Jean Louis Valente a participé à son premier Conseil Municipal. Il y remplace Christiane Farigoule qui, pour des raisons professionnelles, a du en démissionner. Bien sur il n’est pas évident de démarrer dans cette responsabilité en cours de mandat. Je lui souhaite pleine réussite. Et je souhaite qu’avec l’ensemble des collègues de l’opposition nous puissions rapidement dépasser les regrettables clivages apparus – je ne sais toujours pas pourquoi- en 2008. La gauche doit offrir un visage nouveau à Rive de Gier.

    Vincent BONY, Conseiller municipal de Rive de Gier

  • CHRONIQUES IRREGULIERES.. (II)

    Lundi 15 novembre, 18h. Boulevard des Provinces au Grand Pont, la police municipale filtre les entrées sur le parking de la nouvelle salle polyvalente que l’on va inaugurer dans quelques instants. Je salue les fonctionnaires municipaux et gare ma clio dont je viens de casser le rétro extérieur en sortant de chez le garagiste.. Vous imaginez mon humeur ! Bon la présence de nombreuses figures connues et amies me permet de passer à autre chose.

    Dans l’attente du moment officiel, on prend des nouvelles, on évoque l’actualité.. Le père Louis Desos, curé de la paroisse, me relate le bon moment vécu tout récemment entre membres des communautés catholique et musulmane lors d’un repas partagé. Repas qui s’est déroulé faute de salle adaptée dans la chapelle du quartier transformée pour l’occasion en salle de restaurant ! C’est dire si la nouvelle salle polyvalente va répondre à un besoin dans ce quartier de plusieurs milliers d’habitants. L’ancienne Maison Pour Tous extrêmement vétuste a été démolie et ne sera pas regrettée : à la fin, l’électricité n’y fonctionnait quasiment plus. Les autorités arrivent et le « protocole » se déroule. Ruban tricolore coupé, discours de circonstances expédiés, c’est un verre à la main que je palabre avec plusieurs invités: Bruno Faure, entrepreneur de Saint Joseph à la tête d’une PME de 40 salariés a assuré les travaux de charpente métallique et ferronnerie de l’édifice. « Les marchés publics se ralentissent et la crise touche notre secteur avec la fluctuation du prix de l’acier » me dit-il. Je lui réponds qu’hélas, la réforme des collectivités territoriale, la suppression de la taxe professionnelle et le gel des dotations de l’état aux communes ne vont rien arranger. Ce gouvernement s’attaque à tout !

    Pendant ce temps, les commentaires vont bon train : Martine Cortinovis, conseillère municipale « Démarche Citoyenne », Bernard Villemain, mon voisin qui vient d’être élu secrétaire de la section PS de Rive de Gier, des habitants et commerçants du quartier, des personnels communaux, des responsables associatifs.. s’approprient l’espace. Beaucoup pensaient, au vu des volumes extérieurs, que la salle était plus vaste. Les grandes baies vitrées et l’utilisation de bois brut en déco intérieure emportent la satisfaction. Un sérieux bémol cependant, il n’y a qu’une grande salle intérieure que l’on ne peut diviser. Or les fêtes de mariage respectant le rite musulman nécessitent de permettre une réunion pour les hommes et une pour les femmes. Il aurait été souhaitable « de penser à une solution pratique en ce sens », me glisse Vincent Royon, conseiller municipal MRC et président du Centre Social Armand Lanoux.

    En partant, je me rend compte que le Conseil Régional n’était pas représenté, alors qu’il a contribué à hauteur du tiers des 2 millions d’euros des dépenses.. Le lendemain, je cherche à comprendre les raisons d’une telle absence, interroge la mairie et les conseillères régionales que je connais, Cécile Cukierman, élue d’Unieux et Christiane Farigoule, élue de Rive de Gier. Je fais part de mes interrogations à la presse qui en rend compte le jour d’après, avec une conclusion étrange : « le rapprochement des deux groupes d’opposition a fait long feu.. » est-il écrit. Je ne partage pas du tout cette idée ! Au contraire, un seul groupe des élus de gauche au conseil municipal permettrait d’éviter ce type de couac. J’ai toujours été un partisan de la réunion des 7 élus municipaux de gauche au sein d’un seul groupe pour offrir une force de frappe plus importante au service des Ripageriens ! C’est d’autant plus dommage d’être mal compris sur ce point, que j’ai pris l’initiative, il y a un mois, d’écrire à mes six collègues pour avancer dans la voie du rassemblement. Je reste déterminé à porter ce débat ! La division de la gauche locale l’affaiblit et dessert les habitants quand Jean Claude Charvin rassemble les voix des droites et de l’extrême droite.

    Vendredi 19, au matin. J’ai appris la veille que les salariés de la station d’essence Total de l’aire du pays du Gier, le long de l’A47, seraient en grève aujourd’hui. En chemin pour le boulot, je m’y arrête. Je lis avec intérêt le tract CFTC CGT qui m’est remis au piquet de grève. Norbert, le jeune délégué syndical dont je fais la connaissance, me raconte: « Les Négociations Annuelles Obligatoires de notre boite, Argédis, filiale de Total, se sont mal passées. La direction n’a pas écouté nos propositions et a conclu  un accord avec un syndicat représentant moins de 10 % des salariés. Nous, la CGT, on a recueilli 53 % des suffrages des 2500 employés, et on n’est pas écouté ! On ne demande pas la lune, mais la juste répartition des bénéfices réalisés par le géant pétrolier. » J’acquiesce en pensant qu’au final automobilistes et salariés du secteur pétrolier, nous  avons les mêmes intérêts face à l’avidité des actionnaires de la multinationale. N’est-ce pas à la pompe que s’engrangent les bénéfices du roi du CAC 40 ? Quand on pense que les salariés qui travaillent le dimanche n’ont comme compensation qu’une prime de 5O €, cela me fait bondir.. Norbert me remercie du soutien apporté. Je lui indique que je vais rédiger un communiqué à la presse ( les rédactions ne l’auront sans doute pas lu…) et interpeller le Préfet pour que les « autorités publiques agissent en faveur d’une solution négociée au conflit.. ».

    Depuis l’intérieur de la station, on m’interpelle pour y boire un café. J’y retrouve des militants syndicaux venus soutenir les « copains ». Je vais repartir, quand Mireille de la CGT santé, me retient pour m’avertir : «  Je voulais te dire que le 10 décembre on organise à La Ricamarie une soirée conviviale pour échanger sur les suites du mouvement sur les retraites. L’idée c’est un débat ou les gens des différentes entreprises puissent se rencontrer et poursuivre ce formidable élan que nous avons connu pendant des semaines. Tu vois les gars de ZF Andrézieux, avant, ils ne sortaient pas de leur boite. Là il a juste fallu un sms pour qu’ils se ramènent à 5 h du matin aider pour cette action! Je compte sur toi pour faire passer l’info : le 10 à 18h à l’espace éco-citoyen de la Ric.. ». « Tu as raison Mireille. Sarkozy a fait voter sa loi, mais le mouvement social a marqué des points, il faut les faire fructifier, investir le champ politique : pour moi les exigences sociales doivent être le cœur du changement de majorité. Au 10, alors ! ».

    Vendredi à 19h, au local FCPE de Rive de Gier, nous nous retrouvons pour préparer une rencontre en mairie. Mardi prochain l’élue en charge des affaires scolaires de la ville a invité les différents parents d’élèves élus dans les conseils d’école. C’est une réponse à notre demande, que j’avais formulé il y a déjà quelque temps sous l’appellation « Conseil éducatif local ». Peu importe les mots, j’espère surtout que cela puisse être enfin un pas en avant vers plus d’association des habitants aux choix de notre commune. Les copines des autres écoles s’interrogent. « Comment cela va se passer ? De quoi pourrons nous parler ? »..

    Le mieux c’est de mettre sur la table tout ce que nous avons à dire. Et dire d’emblée notre volonté de travailler durablement à ce que les préoccupations des parents d’élèves soient entendues. Par exemple sur les cantines, la circulation aux abords des écoles, le contenu des activités périscolaires – rappelons au passage que nous demandons le retour à la gratuité -…

    On s’accorde sur la tonalité de la réunion : être dans le positif, demander à être associer tout au long de l’année. Et prévoir de rendre compte aux parents dans les écoles..

    Samedi matin 11h. Nous sommes 14 organisations syndicales, associatives politiques, à avoir donné rendez-vous à la presse devant les supermarchés de L’Horme qui bravent l’interdit et ouvrent leurs caisses enregistreuses le dimanche matin. J’ai déjà évoqué le sujet sur ce blog. Là il s’agit de rendre publique notre lettre au préfet lui demandant précisément de mettre en œuvre ses prérogatives de contrôle de légalité pour mettre à l’amende les patrons qui obligent les salariés à travailler le dimanche matin. Nous sommes une cinquantaine à distribuer des tracts aux consommateurs. L’initiative rencontre un écho favorable, des pétitions sont signées immédiatement. La présidente de l’association des commerçants de L’Horme nous rejoint. Elle approuve totalement notre démarche : « J’ai distribué le tract à tous les commerçants de notre association. Ils l’ont affiché dans leur commerce. Je suis indignée que l’on tolère de telles remises en cause de la vie des gens. Après il y a des clients qui s‘habituent et qui nous demandent pourquoi, nous aussi, on est pas ouvert les jours fériés, les dimanches..! ». En moins de deux heures nous avons épuisé nos munitions : plus de tracts ! on bavarde encore un peu ensemble et rappelle le prochain rendez-vous que nous nous sommes fixés, espérant que les autorités préfectorales se seront « bougées » d’ici là . « Sinon vous ferez quoi ? »  me demande une journaliste présente. « Nous déciderons ensemble. Il y a déjà des idées qui ont germé, mais une chose est sûre : on va pas lâcher, c’est une question de choix de société ! Permettez-moi de souligner la qualité du rassemblement qui s’est réalisé depuis qu’avec mon amie Aimée Murazko, élue à Saint Chamond, nous avions lancé un appel à agir pour que le dimanche reste un jour de repos ! »

    La gauche, sociale, politique, citoyenne, peut relever les défis qui lui sont posés. Changer les choses, ne plus subir.. c’est possible ! Modestement, chacun peut y prendre sa part. Moi, j’éprouve de plus en plus de plaisir à œuvrer en ce sens pour ma ville, ma vallée.

    Rive de Gier, la vallée du Gier, c’est notre avenir commun !

     

    Vincent Bony

    Conseiller municipal

    de Rive de Gier

     

  • SAMEDI D'AUTOMNE (chroniques irrégulières -I)

    Minuit et quelques, le samedi a déjà débuté... Je me couche après une soirée conviviale au siège de la section du PCF ou nous avons regardé le film documentaire Walter retour en résistance, de Gilles Perret, puis échangé sur ce que veut dire « résister, se conjugue au présent ». Aujourd’hui avec la réforme des retraites, ne sommes nous pas confrontés à un choix majeur ? à un choix de société ou s’affrontent deux hypothèses s’excluant l’une l’autre : soit le choix de la solidarité, soit celui de l’individualisme .. ? La soirée s’est poursuivie par un repas. Plusieurs générations, des retraités aux lycéens étaient présents, une cinquantaine de personnes : des adhérents, des sympathisants, des Ripagériens qui ont le désir de changer la société. Deux-trois fois dans l’année nous organisons ce type de rencontre, à chaque fois avec des personnes différentes. C’est vraiment sympa, chaleureux.

    A 10h, je suis au club de foot où ma famille a ses attaches, où mon garçon vient de débuter sa longue carrière d’apprentissage du jeu collectif. Je passe dans la salle de réunion saluer les responsables du club. Mon père est là en grande discussion avec un ancien Président du club, que j’ai plaisir à saluer : cela faisait très longtemps que je ne l’avais vu ! On échange sur les difficultés des clubs de foot à maintenir des équipes dans toutes les tranches d’âge et la perspective de travailler entre clubs, voire de fusionner. Pas facile, alors que des stratégies de ségrégations sociales semblent à l’œuvre entre clubs de la vallée et clubs des coteaux. Jusqu’ici, le foot a été un instrument de brassage social. Ce serait dommage qu’il ne le soit plus. Mais voici le maire divers droite dure dure de Lorette. Il déblatère sur les grévistes dont les « plus actifs ne sont pas touchés par la réforme : ils ont des régimes spéciaux ». « Hum, on fait un débat contradictoire ici? Non, hein, c’est pas le lieu... je vous quitte, j’ai un rendez-vous. »

    11h : Au pied de la Ruche des Citoyens, les Unions Locales CFDT et CGT organisent un rassemblement pour porter l’exigence d’une autre réforme des retraites. Les organisations syndicales n’ont toujours pas été reçues par le gouvernement pour discuter d’un sujet qui mobilise l’ensemble de la société depuis plus deux mois. Gilles Bonnand et Kathy Perdriolle, les responsables locaux des syndicats le disent clairement: le mouvement social veut faire entendre ses propositions dans la réforme des retraites. « D’une revendication sociale, on est passé à une revendication sociétale : celle d’être associé à l’élaboration d’un choix majeur » dit- en substance – la CFDT. La CGT, à l’unisson, dénonce l’attitude provocatrice du gouvernement et du medef. Il y a quelques jours dans la presse, l’UL CGT avait dénoncé le refus du maire de Rive de Gier, Jean Claude Charvin, de les recevoir pour faire le point sur la situation de l’emploi dan la ville. Comment parler des retraites sans parler d’emploi ? Certes, en conseil municipal l’UMP JC Charvin avait déjà refusé de débattre du sujet des retraites, au motif qu’il s’agissait de « politique nationale ». L’âge de la retraite des employés de la ville, c’est pourtant bien du « local », non ? A  67 ans, nettoyer les rues de la ville par tous les temps, franchement…

    Puis la centaine de manifestants est invitée à s’installer au milieu du carrefour pour ralentir la circulation et distribuer le tract intersyndical aux automobilistes. Deux ou trois râleurs refusent le tract, des Klaxons d’encouragements ponctuent l’initiative, des jeunes crient des slogans anti-sarko... A 12h 15 on se quitte sur la promesse du rendez-vous de jeudi prochain 9h devant l’ANPE (pardon Pôôôle Emploi) pour un départ commun à la manif de Saint Etienne. C’est la 1ere fois que CGT et CFDT vont faire bus commun : Sarkozy nous montre le chemin de l’unité !

    15h30 : Le Secours Populaire organise une braderie toute la journée dans son local de l’ancienne gare de Couzon. J’y arrive avec quelques objets dont nous n’aurons plus l’utilité à la maison. Beaucoup de bénévoles se sont mobilisés, et certains tapent gentiment le carton quand je pénètre dans leur antre. « L’initiative a bien marché » me confie Alain Gimenez, le président du comité du « Secours Pop ». « Les bénévoles aiment ce genre de journée, on casse la croûte ensemble le midi, c’est aussi une manière de nouer des liens. » Nous échangeons sur l’aggravation des conditions de vie, des budgets sociaux épuisés 3 mois avant la fin de l’année. J’ai appris la veille qu’il ne pourra pas y avoir de distribution aux Restos du Cœur au mois de novembre. Ce sont les factures d’électricité, de gaz, de loyer qui deviennent les premiers motifs de recours aux aides exceptionnelles au Centre Communal d’Action Sociale, où je siège en tant qu’élu. Sur le parking non goudronné, je m’apprête à prendre congé, quand le froid automnal me saisit : « Pas facile de chauffer, cette ancienne gare ? » « Oui, me répond Alain Gimenez, la mairie nous a promis de faire le maximum pour améliorer les conditions de chauffage». Mais l’hiver approche ! Je note la question pour le débat d’orientation budgétaire.

    18h : je surfe un peu sur internet. Nouvelles de la famille, prévisions pour les vacances scolaires, commentaires sur le match des Verts ce soir... Tiens, sur FaceBook, mon réseau social préféré, j’apprends que mon ami (un vrai, lol !)  Christophe Faverjon, le maire d’Unieux, organise un rassemblement contre le projet de réforme des retraites. En tant qu’élu il appelle ses concitoyens à se rassembler devant leur hôtel de ville pour exprimer ensemble « l’exigence du maintien du droit à la retraite à 60 ans ». Décidément la mobilisation s’ancre au plus près des lieux de vie, dans des formes très diverses, avec partout une déSAMEDI D AUTOMNE.jpgtermination à ne pas céder au coup de force, à l’intimidation.

     

    Résister se conjugue dès à présent.

     

    Vincent Bony

    conseiller municipal

    de Rive de Gier